Souveraineté mobile : difficultés et opportunités

Image générée par IA
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Lorsque nos responsables parlent de souveraineté en matière numérique, ils nous parlent souvent des plateformes de services (SaaS) de différents types. Pourtant il y a un autre objet de souveraineté au moins aussi important : l'appareil en bordure, c'est-à-dire le téléphone ou l'ordinateur.

L'Union sous occupation

Alors que nous passons le plus clair de notre temps sur des ordinateurs ou smartphones, que ce soit pour le divertissement ou le travail, la place des constructeurs de l'UE est ridicule sur le marché.
Pire encore, deux systèmes d'exploitation se partagent la quasi-totalité des appareils qui accaparent tant de notre temps sont américains. En effet, si Linux existe bien et gagne lentement du terrain sur le terrain des ordinateurs, macOS et Windows continuent de largement dominer.

Pour le mobile, ce sont les pendants mobiles de ces deux systèmes d'exploitation qui se partagent seuls le marché avec des alternatives étant quasiment inexistantes.

Une double difficulté

La difficulté pour le développement d'alternatives européennes aux ordiphones américain est double : en effet, un téléphone c'est à la fois du matériel et du logiciel.

Si le matériel peut, comme cela se faisait pour les appareils électroniques jusque dans les années 2000, être vendu une bonne fois pour toute ("vendre et oublier"), le logiciel impose lui un suivi avec des mises à jour.
Cette nécessité de fournir un service empêche de l'acte de vente comme ponctuel, ce qui est à la fois une difficulté et une opportunité.

Il faut plus que des appareils

Au-delà du besoin d'avoir des appareils, tant dans leurs couches matérielle que logicielle, il faut en vérité des éco-systèmes complets.

Si les appareils Android et Apple se vendent si bien c'est que ceux-ci disposent d'une intégration fluide avec les outils et services fournis par Apple et Android ce qui les rend simples à prendre en main dès le début.
Ils disposent par ailleurs de tout un éco-système d'applications tierces telles que les applications bancaires, de journaux ou de grandes plateformes d'e-commerce qui sont devenues des indispensables.

Pour les fournisseurs d'applications tierces, telles que les banques, l'arrivée d'un nouveau type d'appareils représenterait donc un coût nouveau puisqu'il nécessiterait de développer des applications spécifiques à celui-ci.

Un retard et des opportunités

Malheureusement nous avons beaucoup de retard dans les éco-systèmes. Un exemple évident est Google Maps. Apple avait d'ailleurs eu aussi du mal à être à niveau avec sa propre application de cartographie.

Les IA à la rescousse

Fort heureusement nous sommes à l'ère où les IA sont capables de coder très correctement et sont particulièrement douées pour refaire ce qu'elles ont déjà vu.
De ce fait recréer certains services irait beaucoup plus vite et serait probablement beaucoup moins coûteux qu'il y a quelques mois.

Les opportunités

Comme nous le disions plus haut, les appareils ne peuvent plus être simplement vendus mais doivent aussi faire l'objet d'un suivi logiciel. Cette récurrence de sorties de versions logicielles requiert, pour être financée, une récurrence des entrées d'argent.

C'est là où l'éco-système européen, recréé avec des services européens existant déjà ainsi qu'à l'aide d'IA, peut amener cette récurrence que ce soit via la publicité affichée aux utilisateurs ou via des abonnements.
De plus, certaines manoeuvres qui ont parfois été utilisées par le passé pour porter atteinte à un nouvel écosystème (comme le refus par Google de créer une application YouTube pour Windows Phone) peuvent in-fine être tout autant d'opportunités pour un écosystème européen en laissant un vide à remplir.